Gaspard de Saulx
Biographie
Famille
Gaspard de Saulx est le deuxième des trois fils issus du mariage en 1504 de Jean de Saulx, baron de Sully, seigneur d'Orrain (Orain) et de Vantoux, Grand gruyer de Bourgogne, avec Marguerite de Tavannes.
Seigneur de Tavannes (cf. les articles Tavannes, Tavannes, Arc), il est issu par son père Jean de Saulx d’une illustre famille de Bourgogne, qui tire son origine des comtes de Saulx, dont une branche s'est installée à cinq lieues de Dijon à Arc-sur-Tille, où elle exerça la seigneurie. Son grand-père Érard de Saulx, † 1495, seigneur d'Arc-sur-Tille et de Vantoux, avait épousé Antoinette de Jaucourt de Dinteville, Spoy et Fougerolles. De plus, son oncle maternel, le sieur Jean de Tavannes (issu des "Tavannes", famille noble suisse du comté de Ferrette liée au prince-évêque de Bâle, actuellement en Jura bernois au val de Tavannes ; dit « seigneur de Delle », † en 1546, Jean était passé au service de la France), s'était signalé à la tête de ces Lansquenets qu'on surnommait les bandes noires. Le roi François Ier faisait un cas particulier de cet officier allemand à qui il accorda des lettres de naturalisation en 1518. Ce fut cet oncle de Gaspard qui le présenta à la cour en 1522. Le roi l'admit au nombre de ses pages, et par une distinction flatteuse pour l'oncle et le neveu, il voulut que Gaspard de Saulx prît le nom de Tavannes1.
Guerres d'Italie
Gaspard de Saulx est en qualité de page auprès du roi à la bataille de Pavie (1525). Il y est fait prisonnier, mais relâché peu après car on n’en espérait pas de rançon.
En 1526, il obtient une place d’archer dans la compagnie de gens d’armes du grand écuyer de France Jacques de Genouillac. Il part en Italie et sert sous le maréchal de Lautrec pendant les campagnes de 1527 et 1528. Galiot le fait guidon de sa compagnie en 1529.
En 1536, il participe à l'expédition de Monluc visant à détruire le moulin d'Auriol, principale source d'approvisionnement de l'armée impériale, qui assiège Marseille et dont le camp se trouve à 4 lieues (13 km) de là. Ce coup de main, mené avec 200 hommes, réussit et Charles Quint doit évacuer la Provence.
En 1537, il sert à la défense de Thérouanne dont le siège est levé le 30 juillet, le roi ayant conclu une trêve avec l'empereur.
En juin 1542, il obtient la lieutenance de la compagnie de gendarmes du duc d’Orléans, et suit ce prince dans sa campagne du Luxembourg
Il est aux prises de Damvillers, d’Ivoy et de Luxembourg en 1544
Il se distingue lors de la journée de la (1544) Bataille de Cérisoles le 14 avril 1544 ainsi que devant le (1544) Siège de Boulogne
En 1552, à la suite de sa "Chevauchée d'Austrasie" (ou (1552) Voyage d'Allemagne), Henri II lui confie la garnison de Verdun, un des Trois-Evêchés
En 1554, il participe grandement à la victoire de la (1554) Bataille de Renty, après laquelle Henri II lui décerne le collier de l'ordre de Saint-Michel sur le champ de bataille
Il ramène, après le départ de François Ier de Guise (1519-1563), l'armée envoyée en Italie au secours du pape (1556)
Après la prise de Thionville et de Calais en 1558, le roi lui donne la lieutenance générale de Bourgogne jusqu'en novembre 1570
Guerres de religion
Pendant la guerre civile, il manifeste un grand zèle contre les protestants dans son gouvernement de Bourgogne et dans le Lyonnais
Il est à l'origine de la création en Bourgogne de la confrérie du Saint-Esprit, l'une des premières associations ligueuses ayant pour vocation la croisade contre le protestantisme
Donné pour mentor au jeune duc d'Anjou (futur Henri III de France (1551-1589)), il sauve l’armée du roi près de Pamproux en Poitou et prend une grande part aux victoires de Jarnac (13 mars 1569) et de Moncontour (3 septembre 1569)
En récompense de ses succès, le roi Charles IX le fait maréchal de France le 28 novembre 1570
Selon certaines sources, il aurait conseillé le massacre des huguenots le 24 août 1572 (massacre de la Saint-Barthélemy)
Au mois d’octobre de cette même année, le roi le fait gouverneur de Provence et amiral des mers du Levant
Gaspard de Saulx meurt en son château de Sully en juin 1573 et est inhumé en la Sainte-Chapelle de Dijon
Il fit reconstruire en Champagne, le château du Pailly et entreprit de reconstruire, en Bourgogne, le château de Sully, ce qui fut poursuivi par sa veuve
Le château du Pailly passe après eux à leur fils Guillaume, celui de Sully à leur fils Jean
On a de lui des Lettres à Charles IX de France (1550-1574), publiées en 1857 ;
M. de Barthélémy a donné en 1858 ses Lettres diverses
Son troisième fils, Jean de Saulx (1555-1630), vicomte de Tavannes, a laissé sur sa vie des « Mémoires »
On trouve sa Vie dans les Hommes illustres de Pérau