François de Montmorency (1530-1579)
Biographie
François était le fils aîné d'Anne de Montmorency (1496-1567), pair et connétable de France et de Madeleine de Savoie (1510-1586)
Il est né le 17 juillet 1530 dans le château de son père, à Chantilly
Il fit ses premières armes au siège de Lenz en Piémont, en 1551
Il accompagna le roi Henri II de France (1519-1559) sur la frontière d'Allemagne, assista à la prise de Damvillers et d'Ivoy, servit au siège de Metz, en 1552
Sous les ordres d'Essé, il participa à l'héroïque résistance de la ville de Thérouanne contre les assauts des troupes de Charles Quint : finalement, il dut se rendre et fut fait prisonnier le 30 mai 1553
Sa captivité dura trois ans
À son retour, il fut fait chevalier de l'Ordre de Saint-Michel et pourvu du Gouvernement de Paris et de l'Île-de-France (1556)
Il fut envoyé en Italie au secours du pape Paul IV et reprit aux Espagnols le port d'Ostie et quelques autres places aux environs de Rome
Il prit part à la malheureuse journée de Saint-Quentin ((1557) Bataille de Saint-Quentin) le 10 août 1557, défendit la Picardie contre les Espagnols et assista au siège de Calais, en 1558 ((1558) Siège de Calais)
Le roi l'envoya en ambassade auprès de la reine Elisabeth Ière d'Angleterre pour recevoir d'elle l'engagement d'observer le traité de paix du Cateau-Cambrésis ((1559) Traités de Cateau-Cambrésis)
À la mort du roi Henri II de France (1519-1559) il dut céder la charge de Grand maître, héritée de son père, au duc de Guise (François Ier de Guise (1519-1563))
Le roi lui donna alors le bâton de Maréchal de France (1559)
Il est marié contre son gré en 1557 à Diane de France (1538-1619), fille illégitime d'Henri II
François de Montmorency avait auparavant contracté un mariage demeuré secret, mais après avoir subi les foudres de la colère paternelle, il se soumit et épousa la fille naturelle du roi
Pendant les guerres de Religion, il se range du côté des catholiques libéraux favorables à l'application d'une politique de tolérance civile à l'égard des protestants
Il est lui-même très proche de ses cousins Châtillon (dont Gaspard II de Coligny (1519-1572)) passés à la Réforme protestante
Il assista en 1560 aux États Généraux tenus à Orléans
Il participa au sein de l'armée royale à la bataille de Dreux ((1562) Bataille de Dreux) le 19 décembre 1562, et à la prise du Havre
Il participa également le 10 novembre 1567 à la bataille de Saint-Denis ((1567) Bataille de Saint-Denis) où mourut son père
Dans son gouvernement de la ville de Paris, il devint impopulaire par sa fermeté à appliquer les édits royaux et à faire interdire les armes à feu
Hostile à la maison des Guise, François affronte le cardinal de Lorraine (Cardinal Charles de Lorraine (1524-1574)) lors d'une bataille de rue en 1565
Cette rivalité ne va cesser d'aller en s'accroissant
En 1570, il a la tâche très difficile de faire respecter à Paris la Paix de Saint-Germain-en-Laye
En 1572, il est envoyé auprès de la reine Élisabeth Ire d'Angleterre pour faire signer le traité d'alliance avec la France
C'est à cette occasion qu'il reçoit l'Ordre de la Jarretière
De retour en France, François est plus que jamais impopulaire
Son incapacité à maîtriser les mutins parisiens, le pousse finalement à abandonner son poste de gouverneur de la ville
Il quitte la ville quelques jours avant le massacre de la Saint-Barthélemy, laissant ainsi le champ libre au Guise et aux massacreurs
On dit que François faisait lui-même partie de la liste des chefs à exécuter durant le massacre
C'est lui qui fit faire discrètement décrocher le cadavre de Coligny, son cousin, du gibet de Montfaucon où il était suspendu
En 1574, Charles IX le laisse revenir à la cour, mais un incident impliquant le duc de Guise le contraint à quitter à nouveau la cour
François de Montmorency est ensuite impliqué dans le complot des Malcontents, le « Tiers parti » du duc d'Alençon
Arrêté et enfermé à la Bastille avec le maréchal de Cossé, François de Montmorency n'est libéré qu'en octobre 1575
Le roi reconnaît son innocence par lettres patentes enregistrées au Parlement
François meurt au château d'Écouen le 6 mai 1579 et est inhumé en l’église de Saint-Martin de Montmorency