(1569) Siège de Poitiers

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Résumé

Le siège de Poitiers est un fait militaire ayant eu lieu du 24 juillet 1569 au 7 septembre 1569.

Durant l'été 1569, la ville de Poitiers se trouve au cœur de la troisième guerre de religion opposant catholiques et protestants dans le royaume de France
Jean Calvin y serait vraisemblablement venu en 1534
Selon la légende, il y aurait effectué le premier prêche de la confession qui portera son nom, le calvinisme, après la parution de son principal ouvrage, l'Institution de la religion chrétienne, en 1536
Poitiers, qui avait déjà basculé, entre les mois de mai et de juillet 1562, du côté protestant avant d'être reprise par le parti catholique et royaliste, reste fidèle au roi Charles IX de France (1550-1574) et au catholicisme

Contexte général

En France les souverains de la Maison de Valois-Orléans et la reine mère Catherine de Médicis (1519-1589) combattent de pied ferme l'hérésie (sic)
Ils sont soutenus par le pape Pie Vet le roi Philippe II d'Espagne (1527-1598), et par les maisons de Lorraine et les Guise pour le camp des catholiques

Du côté protestant, les huguenots ont pour principaux représentants Louis Ier de Bourbon-Condé (1530-1569) prince de la maison de Bourbon, sa belle-sœur la reine de Navarre Jeanne d'Albret (1528-1572), son neveu Henri de Navarre, qui est le futur Henri IV de France (1553-1610) (roi de France) et le clan des Châtillon-Coligny dont l'amiral de France Gaspard II de Coligny (1519-1572)

Contexte du siège

Le Poitou est d'une importance capitale : du fait de sa situation géographique il est proche de La Rochelle, une ville portuaire calviniste devenu la capitale du protestantisme en 1567
La situation est particulièrement instable durant l'été 1568, lorsque les chefs huguenots sont menacés d'emprisonnement par les armées royales
Les chefs décident de se réfugier à La Rochelle
Louis Ier de Bourbon-Condé et l'amiral de Coligny fuient leurs domaines respectifs de Bourgogne pour l'Aunis, dont la capitale est La Rochelle, le 28 septembre 1568

Les provinces de l'ouest du royaume telles que l'Aunis, l'Angoumois et le Poitou sont le théâtre d'affrontements réguliers opposant protestants et catholiques
Après la première guerre de Religion en 1562, Poitiers est effleurée par les nombreuses confrontations sans subir de dommages
Mais le 13 mars 1569, pendant la bataille de Jarnac, Condé lui-même périt assassiné et Jeanne d'Albret, la reine de Navarre, confie aux troupes protestantes les jeunes princes Henri Ier de Bourbon-Condé (1552-1588) alors âgé de 16 ans et Henri de Navarre (Henri IV de France (1553-1610)) âgé de 15 ans comme étant leurs nouveaux chefs

En juin et juillet 1569, les succès militaires ont tendance à basculer dans le camp protestant
En effet, l'armée catholique essuie plusieurs défaites successives
Cette situation laisse aux huguenots le champ libre en Poitou

Le siège de l'été 1569 est un épisode important de la troisième guerre de Religion
Elle va mobiliser l'armée protestante en route vers la Loire
Le comte de Lude, gouverneur du Poitou, est occupé, depuis le 20 juin 1569, à assiéger Niort, ville protestante, mais le siège s'éternise
Alors que les troupes de Coligny sont en approche, le comte prend la décision de se replier, le 1er juillet, et de se retrancher dans Poitiers

Les forces militaires présentes

Il est difficile d'avoir des certitudes sur les forces présentes pour la défense de Poitiers mais, selon Martin Liberge, il y aurait entre 3 et 4 000 soldats composés de fantassins, cavaliers et de civils armes à la main
Le 12 juillet 1569, le jeune duc de Guise Henri Ier de Guise (1550-1588), son frère, le marquis de Mayenne, entrent dans Poitiers en renfort, accompagnés de 800 cavaliers armés dont 400 lanciers italiens

En face, l'armée de Coligny est imposante avec environ 10 000 fantassins et entre 8 000 et 9 000 cavaliers
L'armée protestante dispose également d'une forte artillerie

Le déroulement du siège de Poitiers

Du 26 au 30 juillet 1569, Coligny installe son camp, les seigneurs huguenots entourent Poitiers pour faire des repérages
Le mercredi 27 juillet, le château (aujourd'hui disparu, il était situé porte de Paris) essuie les premiers tirs d'artillerie sans subir de dommages
Les protestants construisent un pont au-dessus de la rivière, le Clain
Dans le même temps, tout autour de la cité, les protestants entreprennent de nombreux chantiers de siège comme des tranchées, des buttes…
Dans l'enceinte de la ville les défenseurs renforcent aussi leur dispositif

Le 31 juillet 1569, les Poitevins fabriquent activement toutes sortes de projectiles et de pièges pour repousser les assaillants lorsqu'ils s'approchent des brèches

Mais au début du mois d'août le combat fait rage
Lors des premiers jours les canons sont placés en direction de la muraille et la tour du pont Joubert est détruite
L'amiral Coligny tente de pratiquer une brèche dans l'appareil défensif du pont Joubert
Les 3 jours suivants, les canons font feu avec vélocité sur les structures défensives
Au cours du mois d'août 1569, les huguenots parviennent à effectuer trois brèches dans la muraille, mais les huguenots essuient un échec sur le pont Saint-Cyprien
L'armée de Coligny se place en ordre de bataille sur le plateau des Dunes et installe le doute dans le camp catholique
Les assiégés remportent une victoire importante lors de la défense du moulin de Tison
À la fin du mois d'août, lors de la troisième brèche, les assaillants continuent de canonner au Pré-l'Abbesse et entament une nette progression jusqu'à l'église Sainte-Radegonde
Mais, le 25 août, les deux armées se tiennent en échec
Dans les derniers jours, la dysenterie gagne les rangs des assaillants et de nombreux seigneurs tombent malades

Arrive le mois de septembre et les Poitevins font une sortie victorieuse contre les retranchements protestants dans la vigne qui surplombe Rochereuil
Les assiégeants s'en prennent aux portes ouest du faubourg
Les soldats positionnés à leurs postes aux ordres des seigneurs et gentilshommes résistent aux assauts des protestants
Le 7 septembre 1569, l'armée royale vient mettre le siège devant Châtellerault occupé par les huguenots
D'après le récit de Liberge, les Poitevins entendent les tirs d'artillerie, et les troupes de Coligny ne tardent pas à lever le siège de Poitiers pour défendre Châtellerault

Le lendemain, a lieu une procession pour remercier Dieu

Conséquences

Après le siège, le calme n'est pas revenu dans l'immédiat, après le retrait des troupes protestantes, mais la résistance victorieuse des Poitevins est interprétée comme la divine Providence qui ouvre une ère nouvelle de ralliement pour les catholiques les plus orthodoxes
Chaque année, une procession d'action de grâces fut menée en faveur des saints protecteurs de la cité, Radegonde, Hilaire et la Vierge
Elle est nommée la Saint-Clouaud (fêté le 7 septembre), et dure jusqu'à la Révolution

Peu à peu les destructions dues aux conséquences directes du siège furent réparées, mise à part l'abbaye Saint-Cyprien qui sera définitivement démolie en 1574
Les impacts des boulets de canons tirés depuis les Dunes par l'armée protestante sont toujours visibles sur le chevet de la cathédrale

Pour les protestants, l'armée de Coligny qui remontait vers Châtellerault affronta les troupes royales, le 3 octobre 1569, lors de la bataille de Moncontour où les protestants subissent une immense défaite