(1569) Bataille de Jarnac

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Résumé

La bataille de Jarnac, le 13 mars 1569, oppose, lors de la troisième guerre de Religion, l’armée protestante commandée par Louis Ier, prince de Condé, à celle du roi de France commandée par Henri, duc d’Anjou et frère du roi, à proximité de la ville de Jarnac, en Angoumois

Origines de la bataille de Jarnac

La mort prématurée du roi François II de France (1544-1560) a fait monter sur le trône de France son frère Charles IX de France (1550-1574)
À peine le jeune souverain investi du pouvoir, mais dirigé par Catherine de Médicis (1519-1589) déclarée régente, le royaume de France devient la proie de guerres civiles

Les Guise d’un côté, Condé et le prince de Navarre (Antoine de Bourbon-Vendôme (1518-1562)) de l’autre, soulèvent partout les nombreux partisans de la Réforme protestante
Mais après des dissensions sans nombre, la paix est enfin faite et publiée à Paris par l’édit du 23 mars 1568.

La paix est de courte durée
Des villes refusent de se soumettre à l’autorité royale
Parmi elles, La Rochelle qui refuse de recevoir la garnison que Guy Chabot, baron de Jarnac, voulait y placer pour le commandement du roi, ainsi que l'acceptation que les catholiques soient rétablis dans leurs biens, charges et offices

Louis Ier de Bourbon-Condé (1530-1569), mal à la cour, ne voit dans la guerre religieuse qu’une carrière ouverte à son ambition
Les forces des deux partis se concentrent au centre de la France, entre l’Anjou, le Limousin, la Guyenne et l’océan Atlantique

Campagne précédant la bataille

Catherine de Médicis ayant voulu faire enlever les deux chefs calvinistes, Louis Ier de Bourbon-Condé (1530-1569) et Gaspard II de Coligny (1519-1572), en 1568, ceux-ci se réfugient à La Rochelle qui devient une formidable place de guerre protestante

En retraite au château de Noyers, le prince de Condé doit fuir (avec l’amiral qui était à proximité à Tanlay) pour échapper à un enlèvement des troupes royales
Une troisième guerre de Religion se rallume quand il publie un manifeste le 25 août 1568
Henri d'Anjou, frère cadet du roi (futur Henri III de France (1551-1589)), avait été nommé lieutenant général du royaume avec mission de vaincre les huguenots

Le 26 octobre, l'armée royale surprend les huguenots provençaux à Mensignac
Cependant, à l'est, Wolfgang de Bavière, duc de Deux-Ponts, et Guillaume d'Orange étaient entrés en France avec leurs reîtres
Il devenait nécessaire de vaincre le gros des forces huguenotes de Condé et Coligny

Déroulement

La Charente sert de ligne de défense aux réformés
Le 10 mars, le duc d’Anjou avait pris Châteauneuf, situé sur la rive gauche

Les éclaireurs royaux, aux ordres du duc de Guise, parviennent à Jarnac, sur la rive droite
De son côté, l’avant-garde huguenote arrive à la ville voisine de Cognac
S'étant découverts, les huguenots occupent Jarnac et les royaux se replient sur la rive gauche de la Charente

Dans la nuit, le duc d'Anjou fait restaurer et doubler le pont de Châteauneuf et passe sur la rive droite
Surpris, Coligny peine, pendant trois heures, à rassembler ses forces éparpillées
Les royaux prennent le village de Bassac
Coligny le fait reprendre par François de Coligny d'Andelot qui doit, devant les reîtres du Rhingrave et un millier d'arquebusiers, se replier sur le village de Triac
Coligny fait alors donner la cavalerie de Condé — l'ordre est annulé mais ne parvient pas au destinataire
Avec trois cents cavaliers ce dernier s'enfonce dans l'armée adverse
Contre-attaqué de flanc, Condé se trouve cerné de toutes parts ; sa troupe est décimée et lui-même est assassiné d'un tir de pistolet dans la nuque par Joseph-François de Montesquiou, capitaine des gardes du duc d'Anjou, alors qu'il s'était rendu

L'infanterie et l'artillerie huguenotes, qui n’ont pas participé au combat, se replient sur Cognac