(1562) Massacre de Vassy
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Résumé
Le massacre de Vassy (aujourd'hui Wassy) est un événement survenu le 1er mars 1562 à Vassy (bourg de la principauté de Joinville dont le seigneur est le duc de Guise) au cours duquel une cinquantaine de protestants furent tués, et environ cent-cinquante blessés par les troupes du duc de Guise, François Ier de Guise (1519-1563)
Cette affaire déclenche la marche à la guerre du premier conflit des guerres de Religion en France
Le massacre de Vassy intervient six semaines après la signature de l'édit du 15 janvier 1562 ((1562) Edit de Janvier 1562) par lequel le roi autorisait les protestants à se rassembler publiquement à l'extérieur des villes closes pour célébrer leur culte
Déroulement de la journée
Le dimanche 1er mars, François de Lorraine, duc de Guise et prince de Joinville, chef charismatique des catholiques, se rendant à Paris, passe avec son escorte sur ses terres de Vassy, en Champagne
Il est accompagné de son épouse Anne d'Este (1531-1607), de leur fils Henri (futur Henri Ier de Guise (1550-1588)) et de son frère le Cardinal de Lorraine (Cardinal Charles de Lorraine (1524-1574))
Il apprend qu’une assemblée de protestants se tient dans une grange située à l’intérieur de la ville, ce qui constitue une entorse à l'édit de janvier qui n'autorise le culte protestant qu'à l'extérieur des villes
Envoyés sur place pour interrompre le culte, ses émissaires reçoivent de la part des protestants un mauvais accueil
L’altercation dégénère en violence, les insultes et les pierres pleuvent sur les troupes de Guise
Arrivé entretemps sur les lieux, le duc est lui-même touché
L’assaut de la grange par ses troupes dégénère en massacre
Il fait chez les protestants une cinquantaine de morts, dont des femmes et des enfants, et environ cent cinquante blessés
Le pasteur Morel est arrêté, traîné sur une échelle et enfermé à Saint-Dizier
Dans les jours suivants, les principaux magistrats de la ville et les notables protestants survivants, au total une quarantaine de personnes, sont inculpés de sédition, destruction de chapelles et bris de croix, ou encore d'expulsion d'ecclésiastique et autres contraventions aux édits royaux
Le Parlement les condamne le 31 décembre à la prison, ou à défaut au bannissement avec saisie de tous leurs biens
Aucun des représentants du duc de Guise n'est en revanche inquiété
Comme elle implique la responsabilité personnelle du duc François de Guise, ennemi du parti protestant, la nouvelle du massacre suscite aussitôt une immense émotion
Si François de Guise parle dans ses lettres d’un accident, dans chaque camp les partisans de la guerre se persuadent au contraire d'une préméditation de sa part et se croient autorisés à lancer la lutte ouverte
Après le massacre de Vassy, le duc de Guise fit entrer tous les hommes valides dans la milice bourgeoise de Paris et fit lever par le prévôt des marchands un régiment de 1 500 hommes (12 enseignes) pour la garde de la ville
Conséquences
La nouvelle du massacre parvient rapidement aux oreilles de la couronne
La régente (Catherine de Médicis (1519-1589)) vit l'événement comme un affront et décide de faire venir le duc de Guise au gouvernement et met en place un Triumvirat, composé du duc de Guise, du connétable Anne de Montmorency (1496-1567) et du maréchal de Saint-André (Jacques d'Albon de Saint-André)
Le camp protestant, dirigé par Louis Ier de Bourbon-Condé (1530-1569), décide de s'armer et de se préparer à la guerre afin d'affronter les armées du duc de Guise
Les deux camps vont obtenir des soutiens de la part d'autres dirigeants européens, à savoir la reine Elisabeth Ière (reine d'Angleterre) pour les protestants et Philippe II (roi d'Espagne) pour le camp catholique