(1560) Conjuration d'Amboise

Source

Conjuration d'Amboise — Wikipédia

Contexte

À la suite de la mort du roi Henri II de France (1519-1559) le 10 juillet 1559, les protestants espèrent obtenir la fin de la répression qu'il a menée durant son règne, mais le nouveau roi, François II de France (1544-1560) (1544-1560), confie la première place dans le gouvernement aux Guise, au détriment des Bourbon, pourtant princes du sang, ainsi que des Montmorency

Le duc François Ier de Guise (1519-1563) et son frère Cardinal Charles de Lorraine (1524-1574), Cardinal de Guise, oncles maternels de la reine de France Marie Stuart, fille de Marie de Guise (1515-1560), ont par son intermédiaire une forte influence sur le roi
Se considèrant comme les garants en France de la religion catholique, ils sont partisans d'une politique de fermeté envers la religion réformée, notamment en s'appuyant sur l'édit d'Écouen du 2 juin 1559
Le supplice d'Anne du Bourg, conseiller au Parlement de Paris, en décembre 1559 marque leur détermination

Pour se débarrasser des Guise, les protestants comptent sur les deux princes du sang, Antoine de Bourbon-Vendôme (1518-1562) et son frère le prince Louis Ier de Bourbon-Condé (1530-1569)
Acquis aux idées de la Réforme (Louis plus qu'Antoine, mais celui-ci est l'époux de Jeanne d'Albret (1528-1572), reine de Navarre, calviniste convaincue), ces deux princes ont la légitimité pour gouverner le royaume, mais, à ce moment, ils n'envisagent pas de se mettre en conflit ouvert avec la cour

Devant leur passivité, un groupe de gentilshommes de province décident alors de prendre les choses en main : ils organisent un complot pour s'emparer du roi et de sa famille par la force

Le complot

La préparation

Le chef de la conjuration est Jean du Barry, seigneur de La Renaudie, gentilhomme périgourdin, très hostile aux Guise depuis l'exécution de son beau-frère Gaspard de Heu en 1558
Il associe à son projet des nobles originaires de toute la France, comme le baron Charles de Castelnau-Tursan, François Bouchard d'Aubeterre, Edme de Ferrière-Maligny1, les capitaines Mazères, Sainte-Marie, Lignières et Cocqueville, Jean d'Aubigné, père d'Agrippa, Jean Hotman, Ardoin des Porcelets de Maillane, François de Barbançon, Charles de La Garaye
Paulon de Mauvans, dont le frère a été exécuté, rallie les huguenots de Provence à Mérindol, le 12 février 1560, promet 2 000 hommes et en envoie 100 à Nantes où les conjurés doivent se réunir
Sont également associés plusieurs bourgeois des villes d'Orléans, Tours et Lyon
Le 1er février 1560, les conjurés se réunissent à Nantes pour mettre au point un plan

L'attitude réservée des chefs protestants

Les principales personnalités du protestantisme français sont au minimum réservées
Jean Calvin et la plupart des pasteurs protestants, refusant la voie de la violence, condamnent le projet des conjurés
L'amiral Gaspard II de Coligny (1519-1572) empêche la noblesse protestante de Normandie de s'y associer
Le prince de Condé, Louis Ier de Bourbon-Condé (1530-1569), désigné par la formule « le capitaine muet » dans les courriers des conjurés3 refuse de participer directement à la conjuration, bien que, séjournant à Orléans, il envisage d'en recueillir les fruits, le cas échéant

La réaction des Guise

Au cours du mois de février, les Guise reçoivent des avertissements concernant l'existence d'un complot. Ils pensent tout d'abord qu'il s'agit d'une opération fomentée à l'étranger
Le 12 février, ils reçoivent des informations plus complètes de Pierre des Avenelles, un avocat parisien
Le 22 février, ils décident de transférer le roi et la cour du château de Blois à celui d'Amboise, mieux protégé
Les défenses du château sont renforcées

Les conjurés, dont l'action avaient été prévue pour le 1er mars 1560, la remettent au 16 mars
Grâce à des complicités sur place, certains conjurés arrivés en avance préparent l'arrivée du gros des troupes protestantes

Les Guise font fouiller les alentours d'Amboise, et des arrestations de groupes d'hommes désorientés se multiplient à partir du 10 mars
Mal encadrés, les protestants se laissent prendre pacifiquement car ils sont venus exprimer au roi leurs doléances
François II de France (1544-1560) est d'abord enclin à la clémence, et les fait relâcher en leur ordonnant de retourner chez eux

Puis, le 14 mars, a lieu une rencontre fortuite dans un faubourg de Tours entre le comte de Sancerre chargé par le roi de la sécurité de la ville et le baron de Castelnau responsable des forces rebelles du secteur ouest L’accrochage met la cour en alarme dans la nuit du 14 et 15 mars

L'échec et la répression

Le 17 mars, l'attaque surprise des huguenots commandés par Bertrand de Chandieu, frère du pasteur Antoine de Chandieu effraie la cour
Les rebelles, rapidement neutralisés, sont punis avec une extrême sévérité
Ils sont pour la plupart pendus aux balustrades du château, les autres sont noyés dans la Loire ou massacrés par la foule

Le 19 mars, Jean du Barry est tué dans la forêt de Château-Renault
Son corps, ramené à Amboise, est d'abord attaché à une potence sur le pont avec une pancarte indiquant « chef des rebelles » ; il est ensuite coupé en cinq morceaux qui sont exposés aux portes de la ville

Au total, la répression fait entre 1 2006 et 1 500 morts

Suites

Le 17 mars, le roi François II de France (1544-1560) confie au duc de Guise la charge de lieutenant général du royaume.

Le prince Louis Ier de Bourbon-Condé (1530-1569) quitte Orléans pour le sud du royaume
Mais, venu assister aux États généraux de 1560, il est arrêté, en même temps que le vidame de Chartres, François de Vendôme

La mort de François II le 5 décembre 1560 met fin à l'emprise des Guise sur le gouvernement : Charles IX étant mineur, une régence est instaurée, confiée à la reine-mère, Catherine de Médicis, au détriment d'Antoine de Bourbon-Vendôme (1518-1562), premier prince du sang, frère aîné de Louis Ier de Bourbon-Condé (1530-1569)
En contrepartie de cette éviction, la procédure contre Condé est annulée et il est libéré le 20 décembre

Les États généraux, qui se tiennent du 13 décembre 1560 au 30 janvier 1561, optent pour une politique de réconciliation entre catholiques et protestants, symbolisée par la personnalité du chancelier Michel de l'Hospital