(1559) Tournoi des Tournelles

Contexte

À l’occasion du mariage de Marguerite de Valois (1523-1574), sœur du Roi de France Henri II de France (1519-1559), avec le duc de Savoie Emmanuel-Philibert de Savoie, et celui d’Elisabeth de France, fille ainée d’Henri II de France (1519-1559), avec Philippe II d'Espagne (1527-1598) (ce dernier ne s’est pas déplacé mais a mandaté un cardinal pour le représenter), une journée de joutes et tournois est organisée à Paris, rue Saint-Antoine, afin de marquer l’événement par de la distraction virile

Il est à noter que ces deux mariages s’inscrivent dans le cadre du traité contesté du Cateau-Cambrésis ((1559) Traités de Cateau-Cambrésis) qui mit fin aux guerres d’Italie ((1557-1559) XI Guerre d'Italie) sans grande contrepartie pour la France

Source

Résumé

Déroulement

À la fin de la journée, alors que cette série de tournois touche à sa fin, le Roi Henri II se dispose à entrer en lice
Il porte les couleurs de sa chère maîtresse Diane de Poitiers (1499-1566) à qui il tient à prouver sa vigueur malgré ses quarante années et les mauvais pressentiments de la Reine Catherine de Médicis (1519-1589)

Après une première passe réussie (il faut dire que tout gentilhomme joutant contre un Roi avait coutume de se laisser désarçonner pour flatter l’ego de son adversaire et surtout pour ne point s’attirer d’ennui), Henri II de France (1519-1559) insiste pour une dernière lance. Son adversaire sera le capitaine de la Garde Écossaise : Gabriel Ier de Montgommery (1530-1574)

Les deux chevaliers s’élancent et c’est l’accident
Suite au fracas chevaleresque, Henri II de France (1519-1559) tombe à terre dès le premier choc : un éclat de bois provenant de la lance de son adversaire est venu se ficher dans l’œil gauche du Roi et ce malgré la visière

Henri II est transporté à l’hôtel des Tournelles, résidence royale toute proche (actuelle place des Vosges), pour y être soigné. Les meilleurs chirurgiens, dont le célèbre Ambroise Paré (1510-1590), se pressent au chevet du Roi Henri II pour tenter de sauver le souverain
Ne sachant trop comment retirer le morceau de bois de l’œil du Roi, Ambroise Paré utilisera des prisonniers du Grand Châtelet sur lesquels il reproduira la blessure pour s’exercer, en vain

Conséquences

Henri II de France (1519-1559) s’éteint quelques jours plus tard dans d’atroces souffrances, le 10 juillet 1559
Il laisse quatre fils qui lui succèderont à tour de rôle sauf le plus jeune, mort prématurément, et une veuve, Catherine de Médicis (1519-1589) qui règnera comme régente
Il laisse aussi un royaume en proie aux tensions entre catholiques et protestants qui ne manqueront pas de déboucher sur une longue et tragique guerre civile

Plusieurs astrologues, dont Nostradamus, auraient conseillé au Roi de ne point jouter :
“Le lion jeune le vieux surmontera
En champ bellique par singulier duelle,
Dans cage d’or les yeux lui crèvera,
Deux classes une puis mourir mort cruelle.”

Quant à Gabriel Ier de Montgommery (1530-1574), il finira ses jours enfermé dans une tour qui porte son nom et qui est encore visible de nos jours rue des Jardins Saint-Paul, adossée au lycée Charlemagne