(1555) Paix d'Augsbourg
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La paix d'Augsbourg (en allemand : Augsburger Reichs- und Religionsfrieden, « Paix impériale et religieuse d'Augsbourg ») est un traité conclu le 25 septembre 1555 dans le cadre du Saint-Empire romain germanique (SERG) entre l'empereur Charles Quint, représenté par son frère Ferdinand, et les princes catholiques d'une part, les princes luthériens de la Ligue de Smalkalde d'autre part
Cet accord, qui légifère sur la situation des confessions catholique et luthérienne dans l'Empire, a pour but de mettre fin au conflit politico-religieux en cours depuis les années 1520 à la suite de la rupture entre Martin Luther, initiateur de la Réforme protestante, et l'Église catholique (1517-1520), de sa mise au ban de l'Empire (1520) et du ralliement à sa cause de plusieurs princes allemands
À une époque où la plupart des gens pensent qu'une seule confession religieuse est acceptable, ce texte est un compromis fondé sur le principe « cujus regio, ejus religio » (« tel prince, telle religion ») : chaque prince de l'Empire a le droit de choisir une des deux confessions, qui devient la confession de son État et de ses sujets
Pour Charles Quint, c'est un échec de sa politique d'unité chrétienne : découragé, il renonce dès le mois d'octobre 1555 à ses possessions aux Pays-Bas, en janvier 1556 à ses possessions espagnoles, puis à la couronne impériale, et se retire dans un monastère
Source : Paix d'Augsbourg — Wikipédia
L'organisation des Eglises de la Confession d'Augsbourg
Quant aux débats théologiques, ils vont se développer. Melanchthon (1497-1560), élève et ami de Luther, trouve un chemin pacificateur
Il souligne que la négation de la justification par les œuvres fait place à une promesse de grâce qui concerne tous les hommes, justifiés par la foi ;
la fidélité à Dieu est l’essentiel ; le travail de chacun, à sa place dans le monde, dans la vocation que Dieu lui a confiée, est l’essentiel
C’est ce qu’il affirme à la diète d’Augsbourg (convoquée par Charles Quint en 1530) dans une déclaration rédigée avec Luther, et signée par sept princes et deux villes libres, déclaration qui met en place l’organisation des églises dites de la Confession d’Augsbourg : elle devient en 1555 la Confession de foi de l’Eglise luthérienne
Mais les débats vont reprendre, dus au glissement de Melanchton vers les conceptions plus spirituelles de la présence réelle dans la Cène, conceptions proches de celles défendues par les calvinistes
La Formule de Concorde (1557) censée de mettre fin à ces débats, établit l’orthodoxie luthérienne qui regroupera les deux tiers du protestantisme allemand
Néanmoins, soutenu par Zurich et Genève, le calvinisme se diffuse, à partir de l’université de Wittenberg
Tout d’abord le Palatinat, dont le prince Frédéric III, après plusieurs années d’hésitations, choisit la confession réformée, exprimées dans le catéchisme d’Heidelberg (1563)
S’y rallient ultérieurement le duché des Deux-Ponts, la ville de Brême, de nombreuses petites principautés septentrionales, et surtout l’Électeur de Brandebourg : en 1613 Jean-Sigismond adhère au calvinisme mais, fait inhabituel, il ne fait pas jouer dans ses états le principe cujus regio, ejus religio et ses sujets restent luthériens : un minimum de solidarité entre protestants s’imposant, les princes luthériens s’abstiennent de le condamner publiquement
Cette solidarité s’exprime également par l’accueil des réfugiés surtout dans le Brandebourg, où les huguenots français furent nombreux
La fin du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle sont marqués par la persistance des polémiques d’ordre théologique, opposant luthériens et calvinistes : c’est la période dite de « confessionnalisation », au cours de laquelle les deux communautés s’organisent ;
le jubilé de la Réformation en 1617 ne parvint pas à les réunir
Par ailleurs en1618, commencent les épouvantables ravages de la guerre de Trente Ans (1618-1648), véritable guerre confessionnelle entre catholiques et protestants
Après elle, la configuration politique devient plus claire, les équilibres religieux sont consolidés
Source : Le protestantisme en Allemagne | Musée protestant