(1555) Grand Parti de Lyon

Source

Grand Parti de Lyon — Wikipédia

Contexte

Lorsqu'Henri II de France (1519-1559) arrive au pouvoir en 1547, l'endettement public est colossal : il est estimé à 6,9 millions de livres alors que les recettes du Trésor n'atteignent que 7,2 millions de livres
Cette dette est née des énormes besoins financiers nés de la guerre menée par François Ier de France (1494-1547) contre Charles Quint, guerre et dette dont hérite Henri avec la couronne

Traditionnellement, le déficit public est géré avec de la dette à très court terme, par des emprunts à trois mois, dont les Intérêts sont payés et le principal généralement renouvelé à l'échéance
Ces emprunts sont placés chez des particuliers, avec les rentes sur l'Hôtel de Ville de Paris, et chez des banquiers, essentiellement étrangers, présents sur la grande place financière de Lyon
Henri II et ses conseillers décident de lancer un grand emprunt afin de consolider la dette existante à plus long terme et lever de nouveaux fonds

Les caractéristiques du Grand Parti de Lyon

Henri II décide de son lancement par lettre patente du 15 mars 1555, complétée par celles du 17 mai et du 1er octobre de la même année

La banqueroute

Le caractère novateur de la structure de l'emprunt ne met pas pour autant les souscripteurs à l'abri des aléas économiques, militaires et politiques
Dès 1557, les besoins financiers liés à l'activité militaire sont énormes : il faut financer quatre armées en Italie, une armée dans le nord de la France (celle-là même qui est anéantie à la bataille de Saint-Quentin), et l'expédition victorieuse de Calais
Par ailleurs, le royaume est touché par une crise monétaire, caractérisée par le surhaussement de l'or et l'afflux de devises étrangères.
Dès le deuxième terme, une partie des fruits des nouveaux contrats de souscription servent à honorer l'échéance
La quatrième et la sixième échéances ne sont que partiellement honorées et le montant de la huitième doit faire l'objet d'une capitalisation totale

En décembre 1557, une nouvelle lettre-patente supprime le privilège des prêteurs sur les recettes fiscales assignées

Le neuvième terme fait l'objet d'un acompte de 30 000 écus, qui sera le dernier paiement lié à cet emprunt. À cette date, moins de 10 % du capital emprunté a été remboursé

Dans les années qui suivent, divers expédients sont employés pour alléger la dette : annulation des créances portées par des banquiers à titre spéculatif, organisation de loterie donnant une probabilité de 36 % de se faire rembourser (l'administration royale annule ainsi 500 000 écus en n'en versant que 180 000)...
La place financière de Lyon est ruinée, à tel point qu'en 1567, lorsque Henri III envisage un nouvel emprunt, on ne trouve plus de prêteurs sur cette place

En 1604, Sully effectue une vérification générale des dettes de l'État et décide une conversion forcée des créances restantes, avec un taux ramené à 4 % et une amputation de 40 % du capital et des intérêts