(1554) Bataille de Renty
Source
Résumé
La bataille de Renty du 13 août 1554 est une victoire française sur le Saint-Empire romain germanique.
Contexte
L'affrontement entre la France et l'Empire se poursuit avec Henri II de France (1519-1559), fils et successeur de François Ier contre le même adversaire Charles Quint
La guerre a repris en 1551
La France s'est alliée aux princes allemands et porte la guerre en Lorraine, prend Metz, Toul et Verdun en 1552 ((1552) Voyage d'Allemagne)
Les combats se déroulent également en Flandres : en juillet 1553, la France perd Hesdin, que Charles Quint fera raser (site de Vieil-Hesdin), et Thérouanne, qui subira le même sort cette même année 1553, mais gagne Bouvines, Dinant, Marienbourg
En 1554, le connétable Anne de Montmorency (1496-1567) reprend un ancien projet de marcher sur Bruxelles mais, vieillissant, il se montre irrésolu et face aux troupes de l'Empire, malgré une armée forte de plus de 40 000 hommes, il se replie successivement sur Cambrai, Calais, Boulogne et finalement Renty où va avoir lieu l'affrontement
Les grands chefs de guerre français participent au combat : François Ier de Guise (1519-1563), Gaspard de Saulx maréchal de Tavannes, François Ier de Nevers (1516-1561), Antoine de Bourbon-Vendôme (1518-1562), Claude II d'Aumale (1526-1573), Gaspard II de Coligny (1519-1572). Les forces sont de force égale dans chaque camp.
La bataille
Le combat s'engage le 13 août
L'artillerie française bombarde le château de Renty
L'avant-garde impériale attaque
Les forces s'affrontent au pied de la colline dominant Renty
Les troupes espagnoles sont refoulées à l'issue du combat meurtrier où décèdent bon nombre de gentilshommes français jusqu'au Bois Guillaume
Cette position est décisive et l'armée française ne parvient pas à y pénétrer
Gaspard de Saulx se distingue par sa vaillance
Gaspard II de Coligny (1519-1572) met pied à terre, entre dans le bois avec un millier d'hommes, mène un combat acharné et réussit à s'emparer de l'artillerie espagnole
Conséquences de la bataille
L'armée espagnole perd près de deux mille hommes
Malgré la victoire, l'armée française doit lever le siège de Renty le 15 août faute de munitions
Henri II va remettre sur le champ de bataille le cordon de l'ordre de Saint Michel à Gaspard de Saulx en raison de sa conduite lors des combats
L'armée française se replie sur Compiègne mais poursuit néanmoins son avantage en poursuivant Charles Quint, lequel fuit pour ne pas être fait prisonnier.
L'empereur sera contraint d'accepter de conclure une trêve dite trêve de Vaucelles pour 5 ans (mais elle sera rompue dès l'année suivante)
Une plaque commémorative de la bataille a été installée dans l'église de Renty
L'origine de la haine entre François de Guise et Gaspard de Coligny
Source : livre I de TDPM
Adversaires politiques, les Guise et les Châtillon-Montmorency ne se posent pas pourtant, à l'origine, en ennemis
Ils se fréquentent et s'estiment à la cour de Henri II, partagent les mêmes dangers et parfois les mêmes tactiques sur le champ de bataille, admirent réciproquement leurs vertus chevaleresques
Au cours des premières guerres civiles, le connétable Anne de Montmorency (1496-1567) et François Ier de Guise (1519-1563) combattront d'ailleurs ensemble
Toutefois, certains historiens ont décelé un épisode, bien antérieur à la première guerre civile, qui semble avoir semé un ferment de discorde entre le Duc de Guise et l'amiral de Coligny, Gaspard II de Coligny (1519-1572)
Le 13 Août 1553, une grande bataille opposa sous les murs de Renty l'armée impériale de Charles Quint à l'armée française menée par le roi Henri II de France (1519-1559) et le connétable de Montmorency
L'issue de la bataille reposait sur l'occupation d'une position, le Bois-Guillaume, tenue par les Français à la veille de la bataille
Le connétable de Montmorency avait attribué au duc de Guise la garde du Bois-Guillaume, mais celui-ci, persuadé que la bataille se déciderait dans la plaine, ne laisse que trois cents arquebusiers sur place, appuyés de quelques enseignes de piquiers
A midi, le choc eut lieu entre l'avant-garde impériale (douze mille fantassins !) et la cavalerie française appuyée par l'artillerie
Les charges fougueuses des cornettes de François de Guise, de son frère le duc d'Aumale, du duc de Nevers et du comte de Saulx-Tavannes firent plier les impériaux, non sans laisser de nombreux morts sur le terrain
Menés par Charles Quint, les impériaux se déportèrent alors sur le Bois-Guillaume, où ils débordèrent le faible effectif laissé par le duc de Guise et où ils se retranchèrent solidement
En forêt, la cavalerie française était inefficace, et l'avantage revint aux impériaux
Furieux contre l'inconséquence de François de Guise, Gaspard de Coligny mit pied à terre, s'empara d'une pique, rallia un millier de fantassins et chargea à pied les impériaux
Un terrible corps à corps opposa les deux infanteries dans le sous-bois, au terme duquel Coligny parvint à repousser les impériaux, et même à s'emparer des pistolets de l'empereur
A nouveau à découvert dans la plaine, les impériaux redevinrent vulnérables aux charges de la cavalerie française, et au tir de l'artillerie que le connétable fit déplacer en hâte au Bois-Guillaume
Eu soir, la victoire était française
Mais une violente altercation opposa aussi Gaspard de Coligny à François de Guise pendant le conseil du roi
L'amiral accusa publiquement la négligence criminelle du duc, et la querelle aurait pu dégénérer si le roi n'était intervenu en exigeant que ses deux capitaines restassent bons amis
Les deux hommes firent la paix, à contrecoeur, mais le mal était fait
Une sourde rancune les opposa désormais, qui devait se manifester avec force lorsque la guerre civile éclata
Lorsque François de Guise fut assassiné par Poltrot de Méré, les Guise accusèrent Coligny d'avoir commandité le meurtre - sur le témoignage douteux de Poltrot, arraché sous la torture
Et la soif de vengeance des Guise devrait jouer un grnd rôle dans le mécanisme tragique qui mena la France aux massacres de la Saint-Barthélémy