(1536) Concorde de Wittemberg

Source

Concorde de Wittemberg — Wikipédia

Résumé

La Concorde de Wittemberg (Formula Concordiae Lutheri et Buceri) est une proclamation théologique composée essentiellement par Philipp Melanchthon, inspirée par le concile des théologiens réformés du 26 mai 1536 qui devait combler les divergences cultuelles apparues à propos de la célébration de l’eucharistie entre les théologiens proches de Luther et les représentants des Églises réformées suisses (dites hautes-allemandes)

Détails

Texte

Le texte de cette formule de Concorde comprend une partie sur l'eucharistie1, une sur le baptême et une dernière sur la confession privée

Le document eucharistique se découpe en trois paragraphes: le premier, évoquant une affirmation d’Irénée de Lyon, indique que dans la Cène, le corps et le sang du Christ sont présents avec le pain et le vin. Le second paragraphe nie la transsubstantiation et toute idée de présence locale, ou de présence du corps et du sang du Christ en dehors de la célébration eucharistique (lors des processions, etc;) Enfin, le troisième paragraphe affirme que lors de la Cène le corps et le sang du Christ sont donnés également aux communiants indignes et résume la raison pour laquelle le sacrement a été institué.

Le document portant sur le baptême se borne à légitimer le baptême des enfants en expliquant que cet acte se justifie par le fait que personne ne peut être sauvé sans être né de nouveau en Jésus Christ (Jean 3. 3-5). L'article consacré à la communion privée rappelle que cette pratique doit rester libre et qu'elle est utile pour les âmes affligées.

Conséquences

Sur le plan politique, la Concorde permit aux Villes de la Confession tétrapolitaine (Strasbourg, Memmingen, Constance et Lindau) de rallier la ligue de Smalkalde (coalition militaire au sein du SERG de Charles Quint, composée notamment de la Saxe et de la Hesse, mais aussi de Brunswick-Lunebourg, Mansfeld, Anhalt-Költhen, Brunswick-Grubenhagen, Erbach)
La Concorde mit fin aux schismes et querelles entre protestants (excepté les disciples de Ulrich Zwingli) les principaux théologiens réformés ont en effet globalement adhéré à la Concorde: Jean Calvin lors de son séjour à Strasbourg (en 1538) ou plus tard encore Guy de Brès, devant le synode d'Anvers, en 15654

Plus tard, pourtant, de nouvelles disputes devaient séparer les luthériens -- dont les positions, longtemps disputées entre gnésio-luthériens et philippistes, furent finalement formulées dans la Formule de Concorde, des "calvinistes", à l'origine des Églises Réformées