(1534) Affaire des Placards

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Affaire des Placards — Wikipédia

Résumé

L’affaire des Placards est la polémique que provoqua le placardage clandestin d'un texte anticatholique sur les lieux publics à Paris et dans plusieurs villes de province, pendant la nuit du 17 au 18 octobre 1534
Elle provoqua la fin de la politique de conciliation menée par le roi François Ier de France (1494-1547) en faveur des luthériens
Martin Luther avait publié de cette manière ses 95 thèses en 1517 à Wittemberg

Histoire

Les placards dont il est question étaient des écrits affichés dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534 dans les rues de Paris et dans diverses villes du royaume de France comme Blois, Rouen, Tours et Orléans
Ces affiches furent placardées jusque sur la porte de la chambre royale de François Ier au château d'Amboise, ce qui constituait un défi et un affront envers la personne même du roi et sa foi catholique
Cet épisode provoque la radicalisation de François Ier contre les partisans de la Réforme, vis-à-vis desquels il avait été jusqu'alors relativement tolérant

Ces placards étaient intitulés Articles véritables sur les horribles, grands et importables abus de la messe papale, inventée directement contre la Sainte Cène de notre Seigneur, seul médiateur et seul Sauveur Jésus-Christ
Ce titre évocateur était en fait une attaque directe contre l’Eucharistie, comprise dans la théologie catholique comme étant une « transsubstantiation »
L’auteur en était Antoine Marcourt, pasteur de Neuchâtel — mais d’origine picarde — d’inspiration calviniste

Le roi s'emporta contre ce qu'il considérait comme un crime de lèse-majesté
En réponse, il confessa publiquement sa foi catholique
Il ordonna des arrestations
Étienne de La Forge, riche marchand et ami de Jean Calvin, fut au nombre des six condamnés au bûcher en janvier 1535
Antoine Augereau, accusé d'avoir imprimé les placards, fut pendu et brûlé

Ces exécutions choquèrent les princes allemands favorables à la Réforme, alors que François Ier recherchait par ailleurs leur alliance contre Charles Quint
L'ambassadeur Guillaume du Bellay déclara que ces condamnés n'étaient que des révolutionnaires, des anabaptistes dont il fallait réprimer les excès
Jean Calvin fit partie des protestants qui choisirent l'exil