Protestantisme

Résumé

La Réforme protestante ou « la Réforme », amorcée au XVIe siècle, est le mouvement de transformation du christianisme qui s’étend de la fin du Moyen Âge jusqu’au début du xviie siècle et entend revenir aux sources et à la forme première du christianisme
Elle a été représentée par des acteurs de nature diverse : théologiens, prédicateurs, rois, princes, bourgeois, paysans, intellectuels…
La Réforme avait des motivations religieuses, politiques et économiques et elle a transformé en profondeur les sociétés européennes et les cultures soumises à l’influence de l’Europe, notamment en Amérique du Nord et dans une moindre mesure l'Amérique du Sud et l'Asie

Née de débats autour du salut et du rôle de l'Église catholique, elle correspond en partie à l’expression d’une culture alors marquée par une profonde angoisse face à la vie éternelle
Elle renvoie aussi à la critique de l'Église romaine et de son commerce des indulgences
Encore assez proche du Catholicisme à ses débuts, la Réforme tend à s’en éloigner de plus en plus et rejette de manière grandissante le culte des saints, le culte de la Vierge et participe à une activité iconoclaste importante

Apparue dans un contexte de diffusion de l’écrit et d’alphabétisation grandissante, la Réforme renvoie à l’apparition d’une nouvelle culture venant des milieux bourgeois et instruits qui ont bénéficié d’une bonne formation à travers les universités fondées au Moyen Âge par les princes et l’Église catholique
Les réformateurs profitent de l'essor de l'imprimerie pour faire circuler la Bible en langues vernaculaires (notamment l'allemand après la première traduction réalisée par Luther)
La volonté de revenir au texte de la Bible devient ainsi une des principales motivations des réformateurs, guidés par le principe du Sola scriptura (« par l’Écriture seule ») théorisé par les premiers réformateurs protestants autour de Martin Luther

La Réforme a aussi un caractère politique
C'est un moyen pour les princes allemands d'affirmer leur indépendance face au Saint-Empire romain germanique
Pour les autres monarques, il s'agit de récuser l'autorité de la papauté ou pour les populations de pouvoir se révolter face à un souverain mal accepté comme en Écosse et aux Pays-Bas espagnols
La Réforme se traduit au XVIe siècle par de nombreux conflits, entre l'empereur Habsbourg et les princes allemands, mais aussi par des guerres de Religion en France, en Angleterre et en Écosse

En ce qui concerne ses origines, on peut considérer que le 31 octobre 1517 représente son point de départ, même si elle a connu des précédents dès la fin du Moyen Âge
Martin Luther, alors moine catholique, fait connaître ses 95 (1517) Thèses de Wittemberg
Les idées de la foi réformée se répandent dans le Saint-Empire notamment en 1522 grâce à Ulrich Zwingli, curé à Zurich, et quasi simultanément grâce à Matthieu Zell et Martin Bucer à Strasbourg, puis, plus tard par Jean Calvin à Paris, Strasbourg et Genève
La Réforme touche alors la majeure partie de l'Europe du Nord-Ouest
Les tentatives de conciliation avec l'Église catholique ayant échoué, la situation aboutit à une scission
La Contre-Réforme catholique engagée à l'issue du concile de Trente ne permet qu'une reconquête partielle des populations passées au protestantisme
Comme date de fin de la Réforme au sens étroit, on peut proposer 1555 et la paix d'Augsbourg, 1563 qui marque la clôture du concile de Trente, ou 1648 qui constitue la fin de la guerre de Trente Ans et l'apparition de l'ordre politique et confessionnel de l'âge classique

Marqueurs de séparation entre Protestantisme et Catholicisme

Textes reconnus par les des églises, et interprétation faite d'eux

Le Sola Scriptura chez les Protestants

Selon les Protestants, la Bible se suffit à elle-même et elle s’interprète uniquement par la Bible elle-même : c’est le Sola Scriptura
Elle contient 66 livres qui peuvent être interprétés selon la manière de chacun

La Bible communautaire chez les Catholiques

Toutefois, c’est différent pour les Catholiques
Premièrement, l’interprétation de la Bible appartient à la communauté, c’est-à-dire l’Église, notamment lorsqu’elle s’exprime par sa hiérarchie
En outre, la Bible catholique inclut 7 livres supplémentaires, appelés deutérocanoniques, dans l’Ancien Testament, soit 73 livres en tout

Refus de l'Intercession des Saints et de la Vierge Marie

Ne font pas partie des textes reconnus sacrés
Marie aurait eu d'autres enfants
Le premier évêque de Jérusalem a fait asseoir son autorité par son appartenance à la famille de Jésus

Notion de Justice infinie et d'amour inconditionnel

Egalité entre tous les hommes, dont la dignité est universelle et donnée par Dieu

Refus de reconnaître l'autorité du Pape pour les réformés

Refus des Indulgences

La prédestination et le pélagianisme (ou semi-pélagianisme)

Prédestination (puritanisme)

Pour les Réformés, le Salut éternel est régit par la prédestination, qui est un concept théologique chrétien selon lequel Dieu a choisi de toute éternité ceux qui seront graciés et auront droit à la vie éternelle

Le pélagianisme

Le pélagianisme enseignait que l'homme avait la capacité de chercher Dieu en et hors de lui-même sans intervention de l'Esprit-Saint et par conséquent, que le salut était un effet des efforts de l'homme
La doctrine tirait son nom de son auteur principal Pélage (v. 350 - v. 420), moine breton qui l'avait développée
Elle s'opposait en particulier aux écrits de Saint Augustin sur la grâce
Déclarée comme hérésie par le pape Zosime en 418 car niant l'existence du péché originel, elle enseignait que l'homme était en lui-même et par nature, capable de choisir le bien

Pensée semi-pélagianienne

La pensée semi-pélagienne s'oppose au pélagianisme (dans lequel l'homme est considéré comme l'acteur de son propre salut), qui avait été rejeté comme hérésie dès 418
Le semi-pélagianisme, dans sa forme originale, peut apparaître comme un compromis entre le pélagianisme et l'augustinisme, pour qui le salut est un don entièrement gratuit de Dieu
Cependant, une distinction y est faite entre le début de la foi qui est un acte de libre arbitre et la progression de la foi qui est œuvre divine

Bien que condamnée lors du deuxième concile d'Orange en 529, la doctrine des moines provençaux est considérée aujourd'hui comme tout à fait acceptable par bon nombre de théologiens catholiques qui font d'ailleurs remarquer qu'elle est conforme à celle de l'Église orthodoxe L'Orthodoxie vénère en effet les saints Jean Cassien, Vincent de Lérins et Fauste de Riez, comme des Pères de l'Église authentiques

Ecart entre les Eglises

Transsubstantiation versus Consubstantiation

Génèse

Les précurseurs

Très tôt, les Réformateurs ont cherché des préfigurateurs ou des ancêtres afin de légitimer leur entreprise de transformation du christianisme en Occident 
Ils ont alors privilégié principalement :

Facteurs expliquant la Réforme

Facteurs politiques

Conflits d'intérêt entre le pouvoir temporel/laïc et le pouvoir religieux (notamment dans le Saint Empire Romain Germanique SERG et la France)
Ruissellement de flux financiers vers Rome qui contrarient certains souverains d'Etat européens
Débordement du Pape sur les prérogatives temporelles des souverains, via les bulles, y compris de croisade (lever des troupes), ou les pouvoirs judiciaires ou pour lever les impôts

Facteurs économiques

Dès le milieu du XVè siècle, inflation croissante par l'afflux d'or des Amériques
Visées des nobles sur les terres religieuses (souvent 20 à 30% des terres cultivables)
L'interdiction de l'usure contrarie les banquiers, nombreux dans le SERG

Causes religieuses

Accès aux textes sacrés et critique de ces textes

L'accès aux textes sacrés en langue vernaculaire et par le biais de l'imprimerie, aiguise l'appétit pour une critique plus construite des interprétations de l'Eglise Apostolique et Romaine
Ce feu est aussi attisé par les Humanistes qui pratique des exégèses de ces textes
Un courant spirituel, la devotio moderna, aux Pays-Bas, joue un rôle dans l'essor d'un esprit de Réforme : méthode de piété personnelle et individuelle faite de l'imitation de Jésus-Christ, d'un examen de conscience et de prières, elle encourage aussi à prendre en compte les aspirations des fidèles

Nouveautés de l'Eglise mal perçues

La Grande Peste au XIVè siècle a instillé une grande peur de la damnation éternelle
L'introduction des notions de purgatoire et d'indulgences semble hypocrite
Certains ecclésiastiques vivent publiquement en concubinage

Martin Luther

Martin Luther publie en 1517 les (1517) Thèses de Wittemberg

Jean Calvin

Jean Calvin

Credo

S'appuie tout de même sur le Symbole de Nicée-Constantinople

Régions converties au début de la Réforme en France et en Europe

Dès 1555

Grandes villes

La Rochelle
Montauban
Nîmes

Ouest

Saumur
Fontenay-le-Comte

Sud

Cévennes

Chronologie de la Réforme